Jean-Jacques CHAPOU



Une des plus hautes figures de la Résistance en Quercy


Jean-Jacques Chapou naît le 10 avril 1909 à Montcuq où ses parents, instituteurs, ont été nommés quelques aimées auparavant. C'est en troisième qu'il entre au Lycée Gambetta. Ses études secondaires finies, il se destine à l'enseignement : d'abord comme maître d'internat (1935-1936), puis comme professeur-adjoint (1937-1938). On le retrouve répétiteur, de 1938 à 1939 et de 1940 à 1941.


Mobilisé en 1939, il part pour Annot, petit village dans les Basses-Alpes. Dès 1940, il participe à quelques combats qui s'engagent à la frontière avec les soldats de Mussolini. Après l'armistice, il est démobilisé. Le 29 juillet 1940, il rejoint Cahors. A la fin de l'année 1941, il est renvoyé de l'Éducation Nationale par le gouvernement de Vichy, en raison de son appartenance à la franc-maçonnerie. A la recherche de travail, il devient secrétaire, en décembre 1941, au Groupement des Transports Routiers du Lot.


Au cours de l'hiver 1941-1942, Chapou entreprend de mettre sur pied la Résistance dans le Lot. Ce premier groupe veut former un syndicat clandestin tout en noyautant les syndicats officiels. Bientôt la Résistance touchera une part croissante de la population ; ainsi de 1942 à 1943, divers mouvements voient le jour.

Chapou devient le chef départemental du mouvement « Libération » dès septembre 1942. Il utilise son récent emploi de chef de service des autobus, à la maison Artigalas, à Cahors, comme moyen de reconnaissance continue de la région : il projette en effet d'élargir son mouvement.

Les autorités vichyssoises éprouvent une défiance grandissante envers ce fonctionnaire révoqué. Suite à une instruction ouverte contre lui, il est condamné par un tribunal spécial à Agen le 10 mars 1943, à un an de prison avec sursis. Le 8 juillet 1943, il quitte Cahors et rejoint le maquis d'Arcambal dit « France ». Il prend le nom de « Capitaine Philippe » et participe aux coups de mains, aux sabotages...

En 1944, il fait adhérer ses maquis aux Francs-Tireurs-Partisans, pour plus de coordination. Sabotages de voies ferrées, occupations de villes (Cajarc, Gramat...). Lorsque « Philippe » reçoit l'ordre de l'état-major supérieur des F.T.P. (3) de quitter le Lot pour prendre le commandement militaire des F.T.P. de la Corrèze, il abandonne son pseudonyme pour celui de « Kléber ».

Le dimanche 16 Juillet 1944, à Bourganeuf, pris dans une embuscade, il préfère la mort au déshonneur.

 


Maurice FAURE


Professeur agrégé d’histoire et de géographie, docteur en droit, il commence par enseigner à l'Institut d'études politiques de Toulouse.

En 1947, il intègre le cabinet du ministre de l'Éducation nationale Yvon Delbos, puis ceux de Maurice Bourgès-Maunoury.

Élu député radical-socialiste du Lot de 1951 à 1958, il est membre des groupes centristes Entente démocratique et Rassemblement démocratique, puis député.
    En 1958, il est durant quatre jours ministre de l'Intérieur, à 36 ans, devenant le plus jeune ministre à occuper ce poste.
    Il a été, durant deux périodes, président du parti radical-socialiste : de 1961 à 1965 et de 1969 à 1971. Il soutient Jean Lecanuet, candidat MRP à l'élection présidentielle de 1965.
    Après avoir été maire de Prayssac pendant douze ans, il est élu maire de Confédération de la gauche démocrate et socialiste et « socialiste et radical de gauche » de 1958 à 1983.

    En qualité de secrétaire d'État aux Affaires étrangères du gouvernement Guy Mollet, il cosigne le 25 mars 1957 avec son ministre de tutelle, Christian Pineau, le traité instituant la Communauté européenne dit traité de Rome. À sa mort, en 2014, il est le dernier survivant à avoir paraphé ce tra hors en 1965, mandat qu'il exerce pendant vingt-quatre ans.
    Membre de l’Assemblée parlementaire des Communautés européennes puis du Parlement européen de 1979 à 1981, il est sénateur Gauche démocratique de 1983 à 1988.
   
    En 1981, à la suite de l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République, il est nommé Garde des Sceaux dans le premier gouvernement de Pierre Mauroy. Il ne conserve cette fonction qu'un mois et un jour, cédant son poste à Robert Badinter après les élections législatives. Le 23 juin 1981, à l’issue des élections législatives,  Maurice Faure renonce au gouvernement et s’installe à la présidence de la commission des affaires étrangères.
Ministre d’État, ministre de l'Équipement et du Logement de Michel Rocard en 1988, il quitte le gouvernement un an après, nommé par le Président de la République François Mitterrand au Conseil constitutionnel.
    En 2007, il est nommé président du comité d'honneur du 50e anniversaire du traité de Rome.
Dernier ministre de la IVe République vivant depuis le décès d'Arthur Conte en décembre 2013, Maurice Faure est mort le 6 mars 2014 à Cahors ; ses obsèques ont lieu en la cathédrale Saint-Étienne de Cahors.

 


 

Françoise SAGAN

 

Françoise Sagan est le pseudonyme de Françoise Quoirez, femme de lettres française née le 21 juin 1935 à Cajarc (Lot) et morte le 24 septembre 2004 à Honfleur (Calvados).
Son enfance se partage entre Paris et le Lot. Durant l'Occupation, la famille vit à Lyon et passe week-ends et vacances à Saint-Marcellin, dans l'Isère. Françoise Sagan dit être restée marquée toute sa vie par un film d'actualité sur les camps de concentration qu'elle voit quand elle a dix ans, en 1945, au cinéma Éden de Saint-Marcellin.
La scolarité de Françoise Sagan est mouvementée.
À côté de cette scolarité chaotique, elle lit énormément.
C'est au cours de sa première année de faculté qu'elle commence à écrire Bonjour tristesse, son premier livre publié en 1954. Elle a  dix-huit ans. Le roman commence par la phrase : « Sur ce sentiment inconnu dont l'ennui, la douceur m'obsèdent, j'hésite à apposer le nom, le beau nom grave de tristesse. ».
Son deuxième roman : Un certain sourire, dédié à Florence Malraux, paraît en 1956. C'est un succès.
Happée par le succès et l'argent, Sagan se laisse prendre dans les rets du jeu. Elle gagne beaucoup d'argent. Ce seront les casinos et les boîtes de nuit (à Saint-Tropez, Chez Castel, chez Régine)...
13 avril 1957, elle perd le contrôle de son Aston Martin, lancée à 160 km/h sur la route nationale 448. Ayant été victime de multiples fractures (crâne, thorax, bassin, poignet, clavicule), elle se voit administrer pendant trois mois du Palfium 875, un dérivé morphinique.
À sa sortie de l’hôpital, elle entame une cure de désintoxication, dont elle tient le journal : dans Toxique (1964), elle s'observe, elle s'analyse : « il y avait longtemps que je n'avais pas vécu avec moi-même » et elle s'aperçoit qu'elle ne s'aime pas.
Cette première cure de désintoxication sera un échec, elle se mettra à boire, ce qui lui provoque une polynévrite qui la fait atrocement souffrir. Désormais la jeune femme libre est devenue dépendante des médicaments, de l'alcool et des drogues, comme elle le confirme elle-même : « La seule chose que je trouve convenable - si on veut échapper à la vie de manière un peu intelligente – c'est l'opium ».
En 1958, elle épouse l'éditeur Guy Schoeller, plus âgé qu'elle de vingt ans. Ils divorcent en 1960, et elle se remarie, deux ans plus tard, avec un mannequin américain, Robert Westhoff (1930-1990). Ils ont eu un fils, Denis Westhoff, en 1962. Le couple divorce rapidement mais poursuit la vie commune avant de se séparer en 1972.
En 1960, en pleine guerre d'Algérie, elle signe la Déclaration sur les droits à l'insoumission dans la guerre d'Algérie, qui approuve l'insoumission des appelés en Algérie.
« Je ne suis inscrite à aucun parti politique, mais je suis engagée à gauche. Je déteste tuer, s'il y avait une guerre, je m'en irais.
Elle publie régulièrement et connaît chaque fois de grands succès de librairie. Son œuvre comprend également des nouvelles et des pièces de théâtre. Elle a aussi contribué à l'écriture de scénarios et de dialogues de films.
Elle reçoit, en 1985, le Prix Prince-de-Monaco pour l'ensemble de son œuvre
Elle fait connaissance avec François Mitterrand. Ils se lient d'amitié et une complicité naît entre eux.
Malgré la fidélité de ses amis la tristesse l'envahit. Ses ennuis de santé ne lui laissent aucun répit et si ses lecteurs la suivent, la critique l'exécute.
Démunie, elle est recueillie par son amie et dernière compagne, Ingrid Mechoulam, qui, dans sa maison parisienne, la soigne et la soutient pendant ses douze dernières années.
Elle meurt, le 24 septembre 2004, d'une embolie pulmonaire à l'hôpital de Honfleur près de son ancienne résidence d'Équemauville.
Elle est inhumée auprès de son frère et de ses parents dans le cimetière du village de Seuzac, à quelques kilomètres de Cajarc dans le Lot.


 


 Henri Martin

 
Henri Jean Guillaume Martin, dit Henri Martin, né à Toulouse au 127 Grande-Rue Saint-Michel, le 5 août 1860 et mort à Labastide-du-Vert le 12 novembre 1943, est un peintre post-impressionniste 
 
Henri Martin effectue son apprentissage à l’École des beaux-arts de sa ville natale de 1877 à 1879, dans l'atelier de Jules Garipuy. Muni d’une bourse municipale, il part en 1879 pour Paris où il devient l’élève de Jean-Paul Laurens. Le 16 août 1881 il épouse à Toulouse Marie Charlotte Barbaroux, pastelliste. De leur union naîtront quatre fils dont deux deviendront peintres de paysages et de portraits : René Jean, qui signe ses œuvres Claude-René Martin, né à Paris XIVe le 15 juin 1885 et Jacques Auguste dit Jac(ques) Martin-Ferrières né à Saint Paul Cap de Joux (Tarn) le 6 août 1893.
 
En 1885, il parcourt l’Italie et y étudie les primitifs . Ce voyage marque un tournant dans son art et oriente l’artiste vers une inspiration poétique. Sa technique s’éloigne des modèles académiques, au profit d’un divisionnisme original qui révèle l’influence des néo-impressionnistes mais d’une manière plus spontanée que théorisée : des touches courtes, séparées et parallèles y construisent les formes et la lumière, dans un chromatisme idéalisé et propice au rêve.
Il honore des commandes publiques, ornant tour à tour le Capitole de Toulouse, la préfecture du Lot à Cahors, la Sorbonne en 1908, l’Hôtel de ville de Paris, un cabinet de l’Élysée en 1908, le Conseil d’État en 1914-1922, la mairie du Ve arrondissement en 1935.
Henri Martin, tout en s’éloignant des thèmes symbolistes, en gardera toujours la poésie mystérieuse des attitudes, l’atmosphère secrète et diffuse des paysages et une certaine spiritualisation des formes baignées par la sérénité des figures traditionnelles, de l’allégorie. Sa nature profonde le porte vers une expression apaisée d’un monde idéalisé dans un pointillisme aux touches élargies.
Il installe son atelier à Labastide-du-Vert dans le Lot, où il termine ses jours.
En 1896, il obtient la croix de chevalier de la Légion d'honneur et, en 1914, il est nommé commandeur. Le 24 novembre 1917 il est élu membre titulaire de l'Académie des beaux-arts.
Le musée de Cahors Henri-Martin conserve de nombreuses œuvres de ce peintre notamment seize toiles d'Henri Martin ont été acquises lors de la vente aux enchères à Rennes le 1er avril 2012 provenant de la collection Paul Riff
 
 
Ossip Zadkine


 

Né en Biélorussie près de Smolensk en 1890, Ossip Zadkine arrive à Paris à 19 ans. Il étudie à l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris en 1909 et 1910. Il travaille à La Ruche, dans le 15e arrondissement.
Il participe à la Première Guerre mondiale en 1916 et 1917 au sein de la Légion étrangère, affecté à une ambulance russe, ce qui lui inspire de nombreuses aquarelles sur la guerre. Démobilisé en 1917, il se déclare détruit physiquement et moralement par la guerre. La France le naturalisera en 1921.
 Ce fils d’un intellectuel juif (converti à la religion orthodoxe) travaille au contact des grands artistes du début du siècle : Matisse, Modigliani, Chagall, Picasso. Il voue une passion pour Auguste Rodin et ouvre dès 1911 un atelier dans le quartier de Montmartre. Là, il sculpte des bois, des pierres, des bronzes en faisant du corps humain son sujet de prédilection. Depuis son jeune âge, il affirme que la sculpture n’est pas un art essentiellement matériel, qu’elle est surtout liée à la poésie, à la musique, à une part de mystère.
 Il est considéré comme l'un des plus grands maîtres de la sculpture cubiste.
Après son mariage dans le Tarn-et-Garonne, près de Caylus, il se fixe durant les périodes d’été dans le Sud-Ouest, partageant le temps entre Paris et ses voyages à travers le monde.
À 40 ans, il découvre le Lot et s’installe en 1934 aux Arques, avec son épouse peintre, Valentine Prax, subjugués par les lieux : « Pour la première fois, nous eûmes notre terre ».
« Je viens ici en Quercy, à la recherche de moi-même » note-t-il dans ses recueils.  C’est là qu’il puisera l’inspiration qui va présider à la création d’œuvres comptant parmi les plus importantes de sa production, dont « La Piéta », une mère figée dans sa douleur mais aussi dans sa dignité retenant le corps de son fils.
À son retour d’Amérique, alors que son épouse était restée seule aux Arques, pendant la 2° guerre mondiale, l’artiste qui devient célèbre, retrouve le pays bourian, « peuplé d’arbres et de collines… Ici, je revis ». La fusion de Zadkine avec la nature transparaît dans ses œuvres comme dans le mythe de Daphné, où l’arbre devient être humain et l’être humain, arbre. Cela se sent aussi, dans « l’arbre des Grâces » où on se sait pas trop ce qui est arbre ou branche…
«  Les arbres, mes amis… Je leur dis bonjour, je leur lève la main… Je leur parle… Avec leurs feuilles, ils me donnent une caresse pleine de fraîcheur. »
 
Le musée Zadkine, au cœur du village des Arques, accueille les œuvres d’un des sculpteurs les plus importants du XXème siècle. Grands bois et bronzes puissants témoignent de la création de l’artiste.
 
Certaines de ses sculptures sont ainsi mises en scène en plein air dans le village et la magnifique église romane des Arques sert d'écrin au "Christ" et à "la Pieta" accentuant encore, si besoin en était, leur puissance émotionnelle.
C'est là que seront créées des sculptures qui compteront parmi les plus importantes de son œuvre]. Parmi les œuvres présentées aux Arques : le projet de Monument pour une ville bombardée; de grands bois tels qu'Orphée, Diane, la Piéta et le Grand Christ, créés dans ce village; des bronzes : Formes féminines, Trio musical, Arlequin hurlant…
Musée Zadkine
46250 Les Arques
Tel 05 65 22 83 37
Le second musée se trouve au 100 bis rue d'Assas à Paris, dans la maison que Zadkine occupait, et qui a été transformée en musée Zadkine par son épouse Valentine Prax. Dans ce musée se trouve une grande partie des sculptures de l'artiste, du cubisme à l'abstraction.


 
 



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